Fwd: cartographie via Wikipedia, Google etc.

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Fwd: cartographie via Wikipedia, Google etc.

Bugzilla from fred.thuillier@free.fr
Cet article transmis par David sur une autre liste, montre que ce serait une
bonne idée de compter Goodchild parmis les "experts célèbres" :


http://www.sig-la-lettre.com/?985/Novembre-2007-Vers-une-geographie-volontaire

Novembre 2007 : Vers une géographie volontaire ?


Goodchild Un spécialiste des SIG prix Nobel ! Ou presque. Le prix
Lautrin Lud 2007, équivalent du Nobel en géographie (mais sans le
chèque), a, pour la première fois de son histoire, été décerné à un
géomaticien. Michael Goodchild, directeur du centre d’analyse spatiale
et d’information géographique de l’Université de Santa Barbara a reçu sa
récompense lors du dernier Festival International de la Géographie de
Saint-Dié. Après 40 années consacrées à la géomatique, Michael Goodchild
a tout connu : de la cartographie automatique jusqu’aux dernières
nouveautés de Google Earth et autres globes virtuels. Il a profité de sa
venue à Saint-Dié-des-Vosges pour présenter sa réflexion sur les
nouvelles formes de la géographie, initiées par des particuliers très
motivés.

- *De 1507 aux mash-ups*

En 1507, Martin Waldseemüller, cartographe quasi anonyme, dessine un
nouveau continent et le nomme "America", en féminisant le prénom de
l’explorateur Amerigo Vespucci. Il regrettera son geste et retirera ce
nom des éditions suivantes. Pourtant, America s’imposera rapidement,
avec le succès que l’on sait. Depuis, la dénomination des lieux
géographiques obéit à des règles bien plus strictes. Elle est aux mains
d’autorités reconnues et il n’est plus question de laisser un obscur
cartographe baptiser ne serait-ce qu’un lieu dit. Martin Waldseemüller
serait d’ailleurs bien surpris s’il apprenait que la carte qu’il a
dessinée a été achetée pour la modique somme de 10 millions de dollars
par la bibliothèque du congrès américain !

america-carte

Pour Michael Goodchild les événements de 1507 sont l’écho lointain d’un
phénomène bien plus récent mais exponentiel : l’engagement de citoyens,
pas particulièrement "qualifiés", dans la création d’information
géographique, qui empiètent sur les plates-bandes très réservées des
agences nationales de cartographie. /"Collectivement, ils représentent
une innovation majeure qui va avoir des impacts profonds sur les SIG et
plus généralement sur la géographie et son rapport au grand public"/
annonce le géographe.

- *Les exemples ne manquent pas*

Wikimapia (www.wikimapia.org <http://www.wikimapia.org>) affiche
désormais plus de 5 millions d’entrées. Les lieux décrits plus ou moins
brièvement sont représentés sur la carte du monde par de simples
rectangles. Flickr (www.flickr.com <http://www.flickr.com>) présente
plus de 2,5 millions de photographies "géotaggées", c’est-à-dire plus ou
moins précisément géoréférencées. Dans un genre différent,
MissPronouncer (www.misspronouncer.com <http://www.misspronouncer.com>),
un site dédié à favoriser la prononciation correcte des toponymes.
Circonscrit d’abord au Wisconsin, MissPronouncer vise désormais tous les
noms de lieux. Projet de création d’une base de données des rues et
routes du monde, OpenStreetMap (www.openstreetmap.org
<http://www.openstreetmap.org>) s’appuie, lui, exclusivement sur des
contributions volontaires et s’enrichit régulièrement. Google sponsorise
des initiatives du même type dans certains pays comme l’Inde, où la
cartographie officielle est encore difficile d’accès. Enfin, grâce à
Google Earth et Google Maps et à la popularité grandissante du format
KML, de nombreux mash-ups voient le jour. Ils sont désormais repérables
dans le moteur de recherche Google sur toutes sortes de problématiques.
Cette démocratisation des SIG est un mouvement de fond, lié à la
convergence de plusieurs technologies.

- *Des technologies nécessaires*

Tout d’abord le* Web 2.0.* Il donne aux utilisateurs la possibilité
d’alimenter des sites Internet depuis leur navigateur (à travers les
blogs, les wikis…). Ils construisent ainsi une toile mondiale qui n’est
plus celle de la parole officielle, mais celle de l’interaction entre
internautes. Le géoréférencement d’images, de points, de traces GPS est
également indispensable. Mais il pose de nombreux problèmes. En effet,
les spécialistes connaissent toute l’importance d’un datum adapté ou les
précautions à prendre avec les différents types de projection
cartographique. Mais le succès du globe Google comme fond universel de
géoréférencement impose de fait le WGS 84 et la projection Mercator. Or
ce globe comprend des erreurs notables de positionnement. Michael
Goodchild, captures d’écrans à l’appui, dénonce des décalages de
plusieurs dizaines de mètres à Santa Barbara. Ainsi, toutes les données
localisées sur ce nouveau référentiel, sont elles-mêmes mal placées.
Pourtant, rien de plus facile désormais que de géoréférencer ses photos
(certains appareils localisent automatiquement les clichés), les points
et les lignes acquises avec un GPS, même le plus simple, ou encore de
pointer avec une illusion de précision vers une adresse postale. Un
nombre croissant de références (articles de Wikipedia, vidéos de
Youtube…) sont également "géotaggées" et repérables dans l’espace
géographique des globes virtuels. Cette géographie volontaire se propage
enfin grâce au développement du réseau lui-même, et des disponibilités
de bande passante aptes à gérer des plug-in, des systèmes de cache… qui
rendent les applications fluides et agréables à utiliser.

- *Une carence des autorités officielles*

Allant à l’encontre des idées reçues, Michael Goodchild dénonce le
déclin des agences nationales cartographiques, qui peinent à boucler
leurs budgets. Aux Etats-Unis, les cartes de l’USGS sont parfois hors
d’âge et personne ne sait comment financer une base de données
topographique détaillée du pays. C’est pour combler ce déficit que la
notion d’infrastructure de données spatiales (notion reprise dans la
directive INSPIRE) s’appuie désormais sur le concept d’un Patchwork de
bases de données multiples. Grâce à l’interopérabilité, elles sont
créées et entretenues au niveau le plus pertinent et assemblées en
projets nationaux (ou plus étendus). /"La géographie volontaire est
complètement dans la perspective des infrastructures de données
spatiales. Un ensemble d’individus agissant indépendamment, répondant
aux besoins de communautés locales, qui créent ensemble un patchwork
plus global"./

- *Des citoyens capteurs*

Cette approche transforme chaque contributeur en "capteur" de la
géographie. Potentiellement, 6,5 milliards d’êtres humains peuvent
scruter la planète, choisir les éléments à répertorier et donc
contribuer à une science citoyenne. Certes, les scientifiques ont
toujours du mal à confier à de simples particuliers le soin de récolter
de l’information. Mais il y a des domaines où la pratique se généralise,
notamment dans l’environnement (comptage d’oiseaux, qualité de l’air…),
alors pourquoi pas en géographie ? La société Inrix installe depuis
longtemps des GPS dans des camions "volontaires" pour générer des
informations sur la congestion du trafic routier. Les éditeurs de bases
de données routières (Navteq, Tele Atlas…) s’appuient également sur des
"indicateurs" locaux. Et quand un cultivateur fait de l’agriculture de
précision, ne devient-il pas générateur de données ? /"Ces
développements contribuent à inverser l’approche top-down de la création
et de la diffusion de l’information géographique"/, conclut Michael
Goodchild.

- *En cas de catastrophe*

Ces citoyens capteurs ne pourraient-ils pas être mobilisés en cas de
catastrophe majeure ? Sur place, ils seraient certainement bien plus à
même de localiser des limites de crue, d’évaluer l’extension des
dommages, que des satellites généralement indisponibles pendant quelques
jours et gênés par la couverture nuageuse (les inondations sont
généralement liées à des pluies intenses) ou la poussière (tremblement
de terre, éruption volcanique…). Seul problème, sur le terrain aussi,
les infrastructures de communication souffrent de perturbations ! Alors
que les internautes du monde entier ont les yeux rivés sur leurs
navigateurs pour voir les premières images d’inondations, de
tremblements de terre ou de graves incendies, les populations
directement concernées sont, elles, coupées du monde. Pouvoir exploiter
des informations locales, les recueillir et les synthétiser serait
certainement d’une grande aide pour les secours, mais impliquerait
d’adapter les infrastructures. Michael Goodchild veut croire que c’est
possible.

- *Des motivations à analyser*

Pourquoi des anonymes s’impliquent-ils désormais dans la géolocalisation
de photos, dans la création de mash-ups ou participent-ils à des
week-ends de déambulation, GPS en main, pour créer la cartographie des
rues de Dublin ? Les motivations sont certainement très variées.
Internet est une formidable caisse de résonance pour ego en mal de
reconnaissance, mais il faut aussi évoquer l’altruisme et l’envie d’agir
provoqués par des événements majeurs. Sensation de pouvoir de celui qui
nomme et délimite le monde ? Conviction intime que chacun d’entre nous a
des compétences qui peuvent intéresser les autres ? Sur ces points, le
professeur se contente d’émettre des hypothèses.

- *Le risque de fracture numérique*

Les cartographes officiels ont développé des standards, mis au point des
normes pour s’assurer de la qualité des productions, dont ils assument
la responsabilité. Google n’a pas du tout la même démarche, les erreurs
sont nombreuses sur son globe et, si l’entreprise tend à fournir des
données de plus en plus précises, elle ne garantit aucune qualité et
donne très peu d’indications pour que l’Internaute puisse l’évaluer. Un
fossé numérique ne risque t’il pas de se creuser entre une "géographie
pour tous", basée en partie sur le volontariat et sur la stratégie de
quelques grands industriels du Net, et une "géographie officielle"
renfermée sur elle-même et au service de quelques privilégiés capable de
payer cher une garantie de qualité ? Pour tenter de poursuivre cette
réflexion, Michael Goodchild a invité quelques grands acteurs du secteur
à se réunir pour évaluer l’impact de ce changement de paradigme, à Santa
Barbara les 13 et 14 décembre prochains. Google, Microsoft, Yahoo, IBM,
ESRI, l’OGC, les militaires américains… seront là pour en discuter avec
de nombreux universitaires. Ce séminaire affiche déjà complet. Cela
prouve au moins que de plus en plus de responsables ont conscience des
changements qui se profilent à l’horizon.

- *Pour en savoir plus :*
- Site sur la cartographie volontaire où seront mis en ligne les
présentations du séminaire de la mi-décembre :
www.ncgia.ucsb.edu/projects/vgi/ <http://www.ncgia.ucsb.edu/projects/vgi/>

- Site personnel de Michael Goodchild où vous pourrez consulter
l’impressionnante liste de ses publications : www.geog.ucsb.edu/ good/
<http://www.geog.ucsb.edu/%7Egood/>

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